:: La Stéréoscopie ::

La Stéréoscopie :

 

Étymologie :

   Le mot stéréoscopie vient du grec ancien, il est composé de « stéréo » [στερεός (stereόs)], signifiant « ferme, dur » et de « scopie » [σκοπεϊν, skopein] correspondant à « observer, examiner ».

   La stéréoscopie est l’ensemble des techniques existantes afin de reproduire une perception du relief à partir de deux images planes. Elle se base sur le principe que l’origine de la perception humaine du relief est notre cerveau, en effet, il reconstitue une seule image à partir de la perception des deux images différentes, planes et provenant de chaque œil. Afin de créer de tels types d’images, comme pour les observer, plusieurs méthodes ont été découvertes au fil du temps.

 

Son histoire :

   C’est au IIIème siècle avec J.C. que le géomètre grec Euclide [né vers -325, mort vers -265 à Alexandrie] définit le principe de la vision en trois dimensions ainsi : « Voir le relief, c’est recevoir au moyen de chaque œil l’impression simultanée de deux images dissemblables du même sujet ». En effet, auteur du volumineux traité « Les Éléments » il est considéré par beaucoup comme le plus éminent mathématicien de l’antiquité. Les livres « Onze » à « Treize »  traitent la Géométrie dans l’espace. Euclide rédigea aussi d’autres ouvrages, dont « Optique », le premier traité grec sur la perspective.

   A la renaissance, en 1484 Léonard de Vinci dessine en relief. De même, lors de ce XVIème, G.B. Della Porta et J. Chimenti font des dessins composés d'une succession d'épreuves du même sujet, réalisées sous des angles différents. Cependant, rien ne permet d’affirmer que ces dessins furent réalisés dans l’intention de réaliser du relief, pourtant, leur visionnement en permettait la restitution.

   Ce n’est qu’en 1832 que la stéréoscopie commence véritablement son histoire. En effet, l’anglais Charles Wheatstone étudie à cette époque les moyens pour visionner le relief sur des dessins. En 1838, il fait breveter le premier « stéréoscope », appareil muni de deux mieux dans lesquels on observe les dessins placés aux extrémités du stéréoscope. Les procédés photographiques sont mis au point quelques temps après à Paris par Daguerre et à Londres par Fox Talbot. C’est ainsi qu’en 1840 Wheatstone demande à Talbot de prendre des photos en relief pour ensuite les visionner avec son stéréoscope.

   Un nouveau stéréoscope, celui-ci équipé de lentilles, est inventé en 1849 par l’anglais David Brewster. Il est construit à Paris par Jules Duboscq pour être montré lors de l'Exposition Universelle à Londres en 1851. La reine Victoria s’y intéressant, la stéréoscopie devient à la mode. Dès lors, les salons se meublent de stéréoscopes de plus en plus beaux, fabriqués en bois précieux et exotiques ou en nacre et ivoire.

   Les photographes font ainsi des couples stéréo sur de nombreux sujets tel que la nature, les personnes, les animaux, les cérémonies etc. De ce fait, le principal distributeur de plaques stéréoscopiques en vend plus d’un million en 1862.

   En 1893, c’est Jules Richard qui fabrique le Verascope, le premier appareil photo stéréoscopique rechargeable en plein jour.

   Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l’appareil Stereo Realist sort dès la disponibilité du film 35 mm couleur, il est vendu à plus de 250 000 exemplaires, devenant l'appareil stéréoscopique le plus populaire dans l'histoire de la photographie.

   De nos jours, la stéréoscopie existe toujours, notamment à travers les anaglyphes, qui sont devenus de plus en plus populaires.

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